Amazonie Péruvienne province du Loreto (2/2)

De Nauta, découverte du Selva Viva, ce bateau en bois traditionnel qui va naviguer sur le Maranon, l’Ucayali et l’Amazone pour nous faire découvrir les villages en bord de fleuve.

le Selva Viva, bateau en bois de l’ONG Latitud Sur

Première étape au coeur de la réserve nationale Pacaya Samiria, sanctuaire de biodiversité. A l’embouchure de 20 de Enero, un petit village, nous découvrons des dizaines de dauphins roses et gris. le soir je m’endormirais au son de leur souffle et du clapotis des vagues, incroyable et magique.
A 20 de enero, les habitants récoltent l’aguaje, ce fruit a la pulpe orange riche en vitamine A.

palmiers a aguaje

palmiers a aguaje

Pour le récolter ils coupent le palmier. Latitud Sur et leur partenaire pronaturaleza forment les locaux à la gestion raisonnée de la réserve, reforestation des palmiers donnant le « chonta » (le fameux coeur de palmier) et les palmiers à aguaje. Les locaux sont également formés pour grimper aux gigantesques palmiers pour cueillir l’aguaje. Vous me direz, « bah oui c’est quand même con de couper le palmier au lieu de grimper dessus ». On s’est dit la même chose, et puis on a compris. D’abord il fait chaud et moite et les palmiers sont hauts… et puis ce n’est pas dans la culture de ces communautés qui ont toujours eu les fruits et les ressources de la forêt en abondance. Avec la déforestation et la pression humaine, les ressources se font plus rares et il faut s’enfoncer de plus en plus loin dans la forêt pour récolter les aguajes, alors la formation pour apprendre a y grimper est très bien accueillie.

Enfants à Solterito

Enfants à Solterito

Le lendemain nous naviguons jusqu’à Solterito, un village qui a perdu 13 mètre de berges cette année  et qui a vécu sous l’eau pendant plusieurs mois, l’eau qui devient dès lors une malédiction, faisant pourrir le bois et mourir les cultures.
A Solterito une donation d’une touriste suisse a permis l’achat d’une pilleuse a riz qui permet aux habitants de vendre leur kg de riz à 0,70 soles pour du riz blanc au lieu de 0,20 soles le riz complet. Les villages avoisinants apportent leur sac de riz pour le piller également.
Nous nous baignons dans le lac suivis par des nuées d’enfants que nous catapultons dans l’eau pour leur plus grand bonheur. A la sortie de bain, les filles cherchent les poux dans les cheveux des plus jeunes et nous tendent la main en rigolant pour montrer leur récolte… !

baignade a Solterito

Après la baignade certains tenterons une partie de foot et de volley avec les locaux, moment qui ne s’avérera pas être le partage émotionnel attendu, les locaux pariant de l’argent et se montrant assez peu enthousiastes à notre jeu (pour ne pas dire profondément agacé !).

préparation des juanes en feuille de palmier

Le lendemain nous ferons un atelier de confection de Juanes, un plat local symbolisant Saint Jean (par ici la recette) et nous participerons à une soirée au coeur du village. Il faut savoir que la façon de danser est particulière, l’homme vous invite d’un geste de la main sans vous regarder puis danse face a vous mais sans jamais croiser votre regard !!

pêche aux piranhas

Lorsque nous quittons Solterito nous faisons escale près d’un étang pour pécher le piranha. Oui, ce charmant poisson aux dents acérées que l’on voit dans les bd ou dans les films toujours accompagné d’une mare de sang humaine. Avec une totale inconscience nous embarquons à 3 sur une barque à fond plat, pas vraiment stable et nous tendons l’hameçon. J’essaie de mobiliser mon équipe en leur intimant de ne pas paniquer si un piranha mord à l’hameçon. Immédiatement après avoir terminé ma phrase, mon hameçon mord et je retire un piranha que je jette dans le fond de notre barque en hurlant et en gesticulant (ce qui fait dangereusement tanguer la barque)… Je demande dès lors à revenir sur la berge où je descend avec mon trophée estimant que j’ai remplis ma mission.
Quelque dizaines de minutes plus tard, alors que nous observons les paiches,  être détaillés en morceaux, (nous assistons à leur pêche annuelle) , notre guide explique que les piranha sont déchaînés et excités par le sang des paiches, et que si un de nous tombe à l’eau on ne pourra que le regarder se faire bouffer.
Mouvement de stupeur où on tente, tant bien que mal, de faire revenir les deux barques restantes sans céder à la panique..
Tout le monde reviendra vivant (sauf les paiches !) et le soir on se fera une plâtrée de piranhas sur le mode « c’est nous qui vous bouffons héhé ». A noter qu’il n’y a rien a manger dessus et que c’est plein d’arêtes, certains dirons même que ça a un vague goût de poulet !

pêche des paiches, énormes poissons d'eau douce

pêche des paiches, énormes poissons d’eau douce

Entre navigation et visites de villages nous découvrons quelques spécimens tels que l’arbre étrangleur et l’arbre marcheur qui déplace ses racines d’un mètre par an, ce qui donne lieu a de vastes blagues comme « fais gaffe il y a un arbre qui te suis ».

Arrivés à Jaldar, le dernier village où nous partageons avec les femmes leur savoir-faire lors d’un atelier d’artisanat,  nous estimerons après une heure de labeur qu’elles ne vendent pas assez cher leurs créations vu le travail accomplit !
Nous distribuerons des ballons et quelques stickers  qui trouveront tout de suite un usage différent de celui que l’on connaît chez les enfants…

du bon usage des autocollants avec les enfants de Jaldar

du bon usage des autocollants avec les enfants de Jaldar

Sur le trajet avec l’annexe pour nous rendre au Selva Viva nous nous approchons des singes postés sur la berge, jusqu’à ce qu’on entende notre guide hurler « ne les laissez pas monter sur le bateau ». Mais c’est déjà trop tard, un singe a face rouge et de gros singes noirs sont déjà dedans et la scène ressemble à s’y méprendre au projet blair witch : des cris et les appareils qui tremblent ! On finira par les faire descendre en lançant des galettes st michel sur la berge…

singe à face rouge

singe à face rouge

Nous reviendrons sur notre bateau, le selva viva pour finir la croisière sur le pont supérieur, équipé de hamacs, jusqu’à notre retour à Iquitos, le coeur plein des sourires des enfants et de la gentillesse de toutes les populations locales qui nous ont accueillis.

Loin des circuit touristiques, au coeur de la nature et du quotidien des villageois, cette croisière restera un petit bijou rayonnant sur les fleuves péruviens…

Si cela vous a (un peu) fait réver, contactez Latitud Sur et partez sur le Selva Viva

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About lacuisinedefab

Gourmande, voyageuse, bout en train, maman de deux enfants

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