Amazonie Péruvienne province du Loreto (1/2)

L’Amazone n’est pas l’apanage du Brésil, il né de la fusion du Maranon et l’Ucayali dans la province du Loreto au Pérou et il grossit de plus en plus grignotant les berges qui ne sont plus que boues. Ce voyage est loin des routes touristiques, sur les 14 jours de périple ce n’est que le dernier jour à Iquitos que nous avons croisé 2 touristes belge en provenance du Machu Pichu.

sur l’auxiliaire du selva viva quelque part sur l’amazone

En amazonie péruvienne il n’y a ni incas ni ponchos, il y a la chaleur et l’humidité, des gens qui n’ont rien et sont prêts à partager, il y a la forêt tropicale et ce fleuve mythique qui né au Pérou…

De Lima nous prenons un vol pour Iquitos, ville accessible par avion ou par les flots car aucune route ne vous y mènera.
Aux abords de la ville des centaines de maisons flottantes, construites sur pilotis en bois.

A défaut d’y dormir nous avons testés les bars flottants, le nikoro en terrasse et le camiri à ras du sol, magique et féérique.
Ici le temps est différent, le soleil se lève à 5h et se couche à 18h, le temps s’étire avec lenteur et il ne faut pas être pressé. En commandant un mojito la serveuse a mis 45 minutes a revenir pour nous dire qu’elle n’avait pas trouvé de menthe. Par contre elle a été déplumer le poulet dans sa cuisine pour nous préparer des nuggets !
Iquitos ou le cartel de la drogue? Possible, dès le premier soir, un revendeur de drogue nous a accosté, quand au camiri nous avions « un joint d’accueil » sur la table, enfin on ne saura jamais si c’était un oubli ou une vraie offrande !

bar flottant le Nikoro a iquitos

bar flottant le Nikoro a iquitos

Le lendemain de notre arrivée nous avons visité le marché de Belen, riche en saveurs et odeurs. Les étales colorés avec du camu camu, ce fruit qui donne un jus rosé avec 40 fois plus de vitamine C que l’orange, ou le cocona ou bien encore le maïs rouge.  Sur un stand les femmes battent les oeufs en neige avec une sorte de grand ressort et elle servent dans des verres cette sorte de meringue sucrée.

Les poulets sont vivants, les pattes attachées et déplumés devant nos yeux. Les poissons peuvent être gigantesques à l’image du paiche le plus grand poisson d’eau douce, il peut atteindre 3 m pour 300 kg, ses écailles noires et blanches avec des reflets rouges sont ensuite utilisées pour l’artisanat : boucles d’oreille, colliers et rideaux ! Et puis beaucoup de  stands vendant des oeufs de tortues, crus ou cuits (dur) a mon grand désespoir, et oui j’ai en tête « sammy » que j’ai vu avec ma fille ou encore des photos de plages ou les locaux viennent creuser le sable pour y déterrer des milieux d’oeufs…
Certains de notre petit groupe ce sont risqués a goûter de gros vers moelleux en brochette, pas moi, après tout j’ai signé ni pour pekin express, ni koh lantah !

brochettes de vers sur le marché de Belen

Une rue est consacrée aux herboristes, on trouve de la graisse de tortue en bouteille, de la « griffe de chat » une plante réputée anti cancer et le « sang de dragon » une résine qui coule comme du sang d’un arbre et qui est cicatrisante, testée sur une de mes plaies à vif  (blessée avec une machette en cueillant le riz, bon je vous rassure c’est juste une ampoule qui s’est ouverte a force de serrer fort la machette 😉 ) j’ai été convaincue !

Après cette virée euphorisante, petite course poursuite en motokar, le seul moyen de locomotion dans cette ville ou aucune voiture ne circule, c’est le touc touc local et parfois ça déménage comme ce trajet vers le port d’iquitos.

en motokar

Arrivés au port nous embarquons dans un peque peque une barque a moteur, direction la communauté de Fray Martin ou nous attend une activité de reforestation avec l’ONG latitud Sur qui oeuvre dans ce village pour y former les fermiers aux « chacras integrales ». Les chacras étant les parcelles agricoles des fermiers, on leur apprend à reforester et diversifier leur agriculture.  Nous avons déblayé la parcelle puis plantés 50 caféiers, on était dégoulinant et crevés et la propriétaire nous a ensuite encouragés à planter des « pommes de terre japonaise » et 50 autres caféiers, ce que nous avons déclinés avec beaucoup de respect pour ce travail physique dans une chaleur et une humidité collante. Pour se remettre une collègue s’est raffraichie à grande eau le visage et les aisselles en voyant un sceau d’eau près d’un arbre, jusqu’à ce qu’on lui explique que c’était la limonade que la propriétaire de la parcelle avait préparé pour nous désaltérer…

peque peque au port d’iquitos

Après un déjeuner dégusté dans la salle communale sur des pupitres d’écoliers nous avons marché 45 minutes vers le centre kapitari ou est installé le « célèbre » chaman Luis Culquiton.

Les gens font le déplacement pour une cérémonie d’Ayahuasca, on ingère une plante hallucinogène et on se laisse monter et descendre par le chant du chaman puis on vomis toutes ses tripes , on sue , on se prend pour un animal et en découvre son vrai moi.
Pas du tout inspirée pour l’expérience, on est venu chez le chaman pour le site, afin de loger en pleine forêt dans les cabanes ou seules les moustiquaires nous séparent de la forêt, et pour faire connaissance avec Luis et ses anecdotes sur les plantes.

les cabanes du centre kapitari

Bien sûr si l’expérience ayahuasca-je-baigne-dans-mon-vomis vous tente, je vous met le lien du centre kapitari. Luis n’est point un chaman ascète dans sa forêt il porte un tee shirt « honda » , répond a son portable, mets a jour son site web, regarde la télé le soir et porte en permanence sur son épaule un insupportable perroquet qui réponds a toutes vos questions, contrairement a Luis qui commence toutes ses phrases par  » c’est la nature qui me l’as dicté ».

une pirogue sur l’étang du centre kapitari

Superbe site cependant, réaménagé par Luis avec étangs et palmiers à aguaje qui font énormément pour le charme du lieu.
Après une nuit en cabane, bercée par les rons rons de la forêt (et divers autres cris suspects non identifiés) nous assistons a un atelier anti cancer puis anti stress. On nous tartine à la carotte râpée, à l’avocat, au citron et au sucre puis on nous demande de nous exposer 30 minutes au soleil pour ouvrir nos pores et évacuer nos toxines et notre stress (note pour plus tard : utiliser le reste d’une salade de fruit en application locale l’été prochain…). On se rince et on enlève nos bouts de carottes des cheveux dans l’étang en essayant de ne pas toucher la vase avec les pieds et nous voilà régénérer pour au moins une année.

sortie de Manacamiri

Direction manacamiri pour un nouveau peque peque , puis nauta ou commencera notre croisière avec le Selva Viva, un bateau tout en bois utilisée pour des brigades médicales deux fois par an et pour des croisières touristiques (et responsables) auprès des communautés vivant au bord du maranon de l’ucayali et de l’amazone… l’aventure continue (à suivre)…

Publicités

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , , ,

About lacuisinedefab

Gourmande, voyageuse, bout en train, maman de deux enfants

Trackbacks / Pingbacks

  1. Huile et farine de Sacha Inchi (omega 9) « lacuisinedefab - novembre 3, 2012

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :